UN OVNI SUR LE RADAR DU F16
Pour la première fois, l'armée de l'air belge accepte de divulguer les images d'un ovni intercepté par ses pilotes de F-16. Ces informations
ont été enregistrées dans la nuit du 30 au 31 mars. Les deux images se sont formées sur l'écran à quelques secondes d'intervalle. Sur la première, en haut, les positions antérieures successives
de l'ovni sont figurées par de petits carrés. Le pilote ayant verrouillé son radar sur l'intrus, le symbole représentant l'ovni est devenu un losange. Les petites barres verticales qui
l'encadrent indiquent que le pilote vient de désigner à l'ordinateur la cible à poursuivre, et le radar restera désormais automatiquement pointé sur celle-ci. Au centre de l'image le "W"
matérialise l'axe de vol du F-16 dont le cap, 256 degrés 29 (ouest/sud-ouest) est indiqué en dessous. Les barres de chaque côté du W représentent la ligne de l'horizon artificiel. Le mot "AIR" en
haut de l'écran signifie que le radar est programmé pour une recherche air-air, soit une détection pour tout ce qui se trouve à une altitude supérieure à 200 mètres. L'ovni, lui se trouve à une
altitude de 2000 mètres, inscrite sur la photo par le chiffre 07 (7 000 pieds). La séquence vidéo complète montre que, alors, l'ovni plonge vers le sol en une seconde. Sur la photo du bas, le 00
(haut de l'écran à droite) indique qu'il est en dessous du 200 mètres d'altitude. La ligne de l'horizon artificiel bascule : l'avion amorce un virage vers la droite pour essayer de s'aligner sur
l'ovni, qui plonge. La colonne de chiffres sous le losange donne l'azimut de la cible (290 degrés, soit ouest/nord-ouest). 990 K donne la vitesse en noeuds de l'objet, soit 1830 Km/h (Mach 1,5) !
Le 080 R, enfin, indique la nature de la cible en langage code. Ce chiffre signifie qu'elle ne correspond à aucune identification connue. Entre ces deux images, l'ovni a franchi le mur du son
sans produire aucun bang. Dans une seconde, il sera perdu pour le pilote.
L'armée de l'air Belge ne peut pas laisser survoler son territoire par un objet volant non identifié: à 0 h 05, l'ordre est donc donné aux F-16 de décoller et d'aller traquer l'intrus. En tête, le chef de patrouille ne quitte pas des yeux son radar de poursuite, qui, dans une mission nocturne, constitue son meilleur organe de "vision." (Le F-16 est un appareil très sophistiqué dont le radar de poursuite n'est pas fixe par rapport à l'avion, mais permet une recherche intelligente de l'objectif, horizontale et verticale, avec un champ visuel de 90 degrés). A quelques dizaines de mètres de lui, légèrement en retrait, son allier, dans le deuxième F-16, suit les manoeuvres de son chef de patrouille en se concentrant sur le contact avec le centre de coordination des opérations.
Soudain, les deux F-16 voient apparaître l'intrus sur leur écran, les pilotes désignent alors à leur ordinateur de bord la cible à poursuivre. Des que le verrouillage est fait sur l'image, la tache sur l'écran se transforme en losange, ce qui veut dire que désormais les deux radars des F-16 resteront automatiquement braques sur l'objet en indiquant sur l'écran sa position, sa distance et sa vitesse. L'objet est tout proche ... Les radars resteront pendant six secondes verrouillés sur la cible, et l'objet, qui a progressivement pris de la vitesse et est à ce moment à 280 Km/h, atteint, en passant de 3 000 à 1 700 mètres d'altitude, la vitesse de 1 800 Km/h en ... une seconde ! Cette fantastique accélération correspond à 40 G; elle entraînerait la mort immédiate de tout humain se trouvant à bord: la limite de ce que peut supporter un pilote de chasse est de l'ordre de 8 G. La trajectoire de l'engin est extrêmement déconcertante. Parvenu à 1 700 mètres d'altitude, il plonge rapidement vers le sol : au-dessous de 200 mètres, il échappe à la fois aux radars des F-16 et à ceux de Glons et de Semmerzake. Dans cette grande banlieue Sud de Bruxelles, le sol n'est qu'un scintillement continuel de lumières parmi lesquelles les pilotes ne peuvent distinguer visuellement le moindre objet.
"De toute manière, il était exclu pour les F-16 de rattraper l'engin à cette basse altitude où la densité de l'air leur interdit d'évoluer à plus de 1 300 Km/h. Au- delà, la température au niveau des compresseurs des moteurs ferait éclater les turbines, précise le colonel De Brouwer. Il y a une logique dans le comportement de l'ovni."
Tout se passe comme si ce mystérieux appareil cherchait intelligemment à échapper aux chasseurs. Pendant l'heure qui va suivre, le même scénario se reproduira deux fois. Le rapport officiel fourni par l'état-major général de la Force aérienne à la Sobeps (société belge d'étude des phénomènes spatiaux) précise: "Dans trois cas, les pilotes réussirent à braquer leurs radars - "Lock on" ("verrouiller") - pendant quelques secondes sur l'objectif, ce qui, chaque fois, a amené un changement drastique dans le comportement des ovnis." L'ovni joue littéralement à cache-cache avec les chasseurs. Il plonge vers le sol à très grande vitesse pour échapper aux radars de bord et du sol, puis remonte tranquillement un peu plus loin, réapparaissant de ce fait sur les scopes des radars, et déclenchant une nouvelle procédure d'interception.
Cet ahurissant manège est observé du sol par un grand nombre de témoins (dont vingt gendarmes), qui verront l'ovni et les F-16, mais personne n'entendra, au cours des soixante-quinze minutes que durera l'affaire, le fameux bang supersonique qui aurait du accompagner le franchissement du mur du son par l'objet. Aucun dégât matériel n'a été constaté à l'aplomb de l'événement; or, étant donne la vitesse et la basse altitude de l'objet, le franchissement du mur du son aurait du susciter le bris d'un nombre incalculable de carreaux ...
Tous les détails de cette affaire sont consignés dans un rapport qui a été communiqué à la Sobeps. Cette collaboration entre les forces aériennes d'un pays et un regroupement privé est un fait sans précédent qui doit être mis à l'actif du sérieux et de la compétence des membres de cette association, qui compte en son sein plusieurs scientifiques de haut niveau, comme les physiciens Leon Brenig (professeur à l'université libre de Bruxelles) et Auguste Meessen (professeur à l'université catholique de Louvain), ce dernier appartenant au groupement depuis sa création, il y a dix-huit ans. Interviewé au journal télévisé, M. Guy Coeme, ministre de la défense nationale, a déclaré qu'il autorisait la Force aérienne à remettre toutes les informations dont elle disposait à la Sobeps.
A la Sobeps, qui a enregistré plus de mille témoignages sur la vague d'ovnis en Belgique, un autre témoignage apparaît : dans la nuit du 31 mars 1990, à 30 Kilomètres au sud-est de Bruxelles, trois témoins que l'on peut considérer comme parfaitement fiables, Lucien Clerebaut, secrétaire général de la Sobeps, Patrick Ferryn, producteur-réalisateur de films, et José Fernandez observent un phénomène lumineux au ras de l'horizon. Cette lumière grossit, s'approche. Un engin de forme triangulaire aux angles arrondis, porteur de quatre phares très puissants, doté à sa périphérie de nombreuses lumières et d'un diamètre apparent équivalant à six fois celui de la lune, passe au-dessus de leur têtes, à une altitude évaluée entre 300 et 400 mètres. M. Ferryn prend quatre clichés de l'objet avec un film de très haute sensibilité (1 600 Asa). A titre de contrôle, il prend quelques minutes plus tard, avec la même ouverture et la même vitesse, des clichés d'un avion en vol.
Au développement : surprise ! Sur les clichés, les phares de signalisation de l'avion (volant à beaucoup plus haute altitude que l'engin) forment trois taches blanches, alors que les énormes phares de l'ovni sont à peine visibles; la forme générale de l'objet, pourtant parfaitement visible à l'oeil nu, a complètement disparu.
"Si, commente le professeur Meessen, les ovnis sont réellement des objets, et s'ils émettent de l'infrarouge, il serait tout à fait normal que des témoins photographes aient des surprises au moment du développement de leurs clichés, pouvant aller jusqu'à la disparition totale de ce qu'ils avaient observé visuellement et photographié, ce qui expliquerait le nombre très restreint de clichés que nous avons pour cette vague d'ovnis et, de façon générale, la quasi-impossibilité d'obtenir des photos d'objets rapprochés."
Le professeur Meessen demeure extrêmement prudent. En bon disciple de Claude Bernard, il reste fidèle à la démarche scientifique qui consiste à observer les faits, puis a proposer différentes hypothèses qu'il soumet à la vérification expérimentale. Pour lui, il est essentiel d'étudier cet énigmatique dossier. "Déjà, au niveau des témoignages, il y a trop de témoins indépendants, la plupart du temps dignes de foi, parlant d'effets physique cohérents, trop de concordance dans les événements relatés pour ne pas prendre au sérieux ce dossier. Si tous ces gens inventent, c'est une maladie qu'il faut comprendre. Mais il y a les effets physiques ... Le rapport de l'armée de l'air permet d'appréhender le phénomène de facon rationnelle et scientifique. L'hypothèse la plus simple est l'hypothèse extra- terrestre, mais elle pose d'autres problèmes. Nous ne sommes pas pressés de conclure. Nous continuons à travailler." Le rapport de l'état-major de la Force aérienne sur l'interception réussie du 30 mars permet de comprendre pourquoi l'armée avait mis à la disposition de la Sobeps des moyens aussi importants (les deux F-16 de surveillance du territoire, un bimoteur Hawker pouvant emporter un nombre important de personnes et tant d'appareils de mesure, dont une énorme caméra infrarouge) lors du fameux week-end qui mobilisa des dizaines de milliers de personnes. En haut lieu, l'armée savait que l'ovni était bien réel, mais elle ne disait rien. Elle voulait en savoir davantage.

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